Le procureur général égyptien a déféré les trois principaux chefs de l'opposition devant le juge d'instruction. Mohamed el-Baradei, Hamdin Sabbahi et Amr Moussa sont accusés par des avocats islamistes de « haute trahison ». Ils sont soupçonnés d'avoir incité au renversement du président Morsi.

http://fr.allafrica.com/download/pic/main/main/csiid/00230241:b83df21902a1783a3693b9761ef59866:arc614x376:w614:us1.pngC'est le procureur général nommé il y a quelques semaines seulement par Mohamed Morsi qui a demandé cette enquête. Et les trois personnes visées ne sont pas n'importe qui. Mohamed el-Baradei, ancien Prix Nobel de la paix, est actuellement le coordinateur du Front du salut national, nom donné à la grande coalition de l'opposition. Amr Moussa est un ancien candidat à la présidentielle contre Mohamed Morsi, tout comme Hamdin Sabahi, le leader de la gauche égyptienne.

Pour les observateurs, l'accusation a été téléguidée par la direction de la confrérie des Frères musulmans. Des responsables du parti Liberté et justice avaient accusé les trois hommes d'avoir incité « au renversement du président Morsi ». Les médias islamistes avaient même parlé d'une conspiration visant à enlever le président Frère musulman et à le remplacer par un conseil présidentiel.

Une conspiration qui aurait été ourdie avec le ministre de l'Intérieur de Dubaï où est réfugié le général Ahmed Chafik, le perdant de la présidentielle égyptienne. Selon les observateurs, l'ouverture de l'enquête pourrait être une tentative visant à mettre la pression sur l'opposition afin qu'elle accepte l'invitation au dialogue fait par la présidence.

Ces trois piliers de l'opposition ne cessent en effet de contester le président égyptien depuis qu'il s'est attribué, le mois dernier, tous les pouvoirs. Ils dénoncent aussi les résultats du référendum de samedi dernier qui consacre l'adoption d'une Constitution jugée liberticide. Le scrutin est, selon eux, entaché de fraudes.

Depuis plusieurs jours, les leaders de l'opposition ont multiplié les rencontres pour tenter de se mettre d'accord sur une stratégie commune, en vue des prochaines législatives prévues d'ici deux mois. Ils ont d'ores et déjà décidé de manifester contre le régime le 25 janvier prochain, lors du deuxième anniversaire de la révolution égyptienne.

Source: RFI

 

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