Il y a un an, les Tunisiens se rendaient aux urnes pour l'élection historique de l'Assemblée nationale constituante. Le bilan est mitigé. L'Assemblée est loin d'avoir achevé la rédaction de la Constitution. Elle devait pourtant approuver le texte fondateur dans les douze mois suivant l'élection. Ce mardi 23 octobre 2012 est présentée comme une journée à risques.

http://fr.allafrica.com/download/pic/main/main/csiid/00191594:8250c9301c715cf62222ca06f15fdd11:arc614x376:w614:us1.pngLes services du ministère de l'Intérieur ont déployé d'importants renforts policiers à Tunis. Le climat politique est de plus en plus délétère. Le parti islamiste Ennahda, grand vainqueur du scrutin du 23 octobre dernier, est en but à de vives critiques, et la violence politique gagne du terrain.

On assiste depuis plusieurs semaines à une extrême polarisation de la scène politique en Tunisie. La situation s'est exacerbée la semaine dernière avec la proposition unilatérale du parti Ennahda d'organiser des élections le 23 juin. Il faudra d'abord que les partis s'entendent sur la Constitution, le code électoral, et la commission électorale. « On en est loin », déplore Nejib Chébbi, député du parti républicain, un parti d'opposition qui compte une vingtaine de sièges sur les 217 de l'assemblée.

Le bilan est sombre. Un an après, l'assemblée est profondément divisée. L'alliance gouvernementale a vu ses deux composantes laïques partir en morceaux, et Ennahda est de plus en plus isolée. Pire, la violence politique sévit dans le pays. Et le 23 octobre n'est pas une fête, mais plutôt un moment grave qui pousse l'élite politique à s'interroger sur l'avenir du pays.

Lynchage

La semaine dernière, un opposant politique a été lynché à Tataouine. Membre de Nidaa Tunes, le nouveau parti de l'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, Lofti Naguedh a été tué lors d'affrontements après une manifestation organisée par les ligues de protection de la révolution, proches du parti islamiste Ennahda.

 

Source: RFI

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