Les politiques agricoles visant à réduire la pauvreté dans les pays en développement devraient miser sur des investissements stratégiques pour accroîetre la productivité et tirer avantage des prix alimentaires élevés, selon une nouvelle étude de l'Ocde. Le rapport intitulé « Agricultural policies for poverty reduction » préconise, en outre, que les pays misent sur des systèmes de protection sociale efficaces pour les ménages ruraux.


http://www.fao.org/sard/common/ecg/2952/fr/cs.jpgLe tout dernier rapport de l'Organisation de coopération et de développement économique (Ocde), « Agricultural policies for poverty reduction » (Politiques agricoles pour la réduction de la pauvreté) présenté le 2 mars dernier, à l'occasion d'un séminaire tenu à la Chatham House de Londres, propose d'agir sur trois leviers pour accroître les revenus ruraux et réduire la pauvreté.


Il s'agit d'abord d'améliorer la productivité et la compétitivité dans le secteur agricole, ensuite, aider les ménages à diversifier leurs sources de revenus et enfin faciliter la transition de la main-d'oeuvre agricole vers des emplois non agricoles mieux rémunérés.


Selon l'étude, les décideurs politiques des pays en développement doivent accepter que la multiplication des opportunités conduise de nombreux petits exploitants à quitter le secteur agricole.


Le rapport invite les gouvernements à faciliter cet ajustement au lieu de le freiner. Pour cela, il leur faudra renforcer les opportunités offertes aux agriculteurs aptes à développer une activité commerciale dans le secteur agricole tout en veillant à assurer un développement équilibré, permettant de tirer la main-d'oeuvre  et non de la pousser  hors du secteur agricole.


De nombreuses mesures nécessaires pour réduire la pauvreté sont extérieures au secteur agricole, souligne le texte. L'amélioration de l'éducation et des soins de santé primaires dans les campagnes occupe une place centrale.


Réduire le recours au marché financier

Tout aussi importante est l'instauration d'un climat général propice à l'investissement, qui implique une situation de paix et de stabilité politique, une saine gestion macroéconomique, des institutions fortes et une bonne gouvernance. Il peut s'avérer difficile de créer des opportunités hors du secteur agricole, mais une fois les premiers obstacles à la diversification économique franchis, le changement structurel peut aller très vite, précise le rapport.


En Corée, la part de l'emploi agricole dans l'emploi total est tombée de 40 % à 16 % en 14 ans à peine, durant la période 1977-1991 alors qu'il a fallu 53 ans aux États-Unis et 68 ans au Royaume Uni pour opérer une telle transition.


Les interventions sur les marchés, par le biais de mécanismes de soutien des prix et d'aides aux intrants notamment, ne doivent être que des solutions de dernier recours car elles s'attaquent aux symptômes et non aux causes du sous-développement, indique le rapport.


S'agissant de la protection des revenus, les interventions sur les marchés ne seront jamais aussi efficaces que des programmes sociaux ciblés. Cependant, dans les pays plus pauvres où les institutions sont moins développées et où les marchés ne peuvent fonctionner faute de crédit et d'informations commerciales de qualité, ces interventions pourraient parfois se justifier.


Les gouvernements pourraient ainsi intervenir pour contenir les effets des fluctuations extrêmes de prix sur les producteurs et les consommateurs et pour stimuler les marchés agricoles en offrant des aides stratégiques aux semences et aux engrais.


Les interventions sur les marchés représentent souvent une contrainte budgétaire qui ne peut s'inscrire dans la durée, c'est pourquoi les gouvernements qui y recourent doivent simultanément mettre en oeuvre des politiques potentiellement plus productives à long terme, notamment en renforçant les investissements dans des biens publics, tels que la recherche agronomique et l'infrastructure rurale, que le marché ne peut, à lui seul, fournir.


Il faut aussi instaurer des dispositifs d'aide sociale ciblés pour protéger les revenus, conclut le rapport de l'Ocde.

 

Article: Mamadou Lamine Diatta

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