BILLET

Photo: L'Observateur Paalga
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Un montage d'images capturées dans les vidéos diffusées par les ravisseurs

En cette fin d'année, c'est au même sale jeu que s'adonnent les groupes terroristes du Nord-Mali. L'enregistrement vidéo qu'ils viennent de diffuser participe de la guerre psychologique contre l'Occident et particulièrement la France. Car, au-delà des victimes elles-mêmes, d'autres sont concernés par la situation ainsi créée : les familles, les services, mais aussi le gouvernement français. Face aux prises d'otages, on fait généralement face à deux types de réactions possibles de la part des pays intéressés. Il y a en premier lieu la fermeté américaine. Tout le monde sait que depuis longtemps déjà, au pays de Barack Obama, on ne se laisse point impressionner par les preneurs d'otages. La seconde réaction consiste à accepter de payer une rançon contre la libération des otages. Cette méthode est celle des Européens.

Les Français, par exemple, ont sérieusement du mal à dissocier le combat à mener contre les groupes terroristes de la prise d'otages. Une telle position conforte les auteurs de rapts. Ils ont en effet tendance à multiplier les opérations de kidnapping, les actions audacieuses et belliqueuses. Tout simplement parce que « ça rapporte gros » ! En effet, les groupes terroristes qui manipulent à volonté les images vidéo espèrent engranger davantage de sous pour assouvir leurs desseins machiavéliques. L'objectif des groupes islamistes est clair : jouer psychologiquement sur les Français dans l'espoir de voir libérer les otages. Leur absence éventuelle aux repas de familles, en cette fin d'année, se fait pesante. C'est dire combien doit être grande la pression sur François Hollande, lequel sait par ailleurs que les Français sont frileux en matière d'opérations à mener contre les preneurs d'otages. Les risques sont trop grands de voir exécuter les otages. Mais, peut-on faire des omelettes sans casser les oeufs ?

Sur l'ensemble du dossier de la crise malienne, il y a même comme un vide stratégique. Les choses traînent en longueur et l'homme de la rue est lui-même excédé de cette situation de ni guerre ni paix, enrobée de propos démagogiques. C'est que nous sommes parvenus à un tournant vraiment difficile à négocier. Il faut pourtant boucler ce dossier qui a trop longtemps mobilisé les énergies. Un vrai dilemme : se résoudre à frapper ou se laisser amadouer par les islamistes ? Il faut en convenir, on a affaire à des individus insatiables et qui ont l'art de tourner les autres en dérision. Surtout que de nos jours, les prises d'otages constituent une industrie qui nourrit bien son homme. Les terroristes qui ont le sens de la communication savent choisir le moment opportun pour livrer leur message. Ils prennent soin de jouer sur la fibre émotionnelle des proches de leurs victimes. Ils montrent également qu'ils maîtrisent parfaitement le système des télécommunications internationales via le réseau satellitaire. Mais, ils ne perdent rien pour attendre.

Tôt ou tard, on leur mettra la main dessus, quel que soit le temps que cela prendra ! Des années soixante à nos jours, l'histoire le démontre clairement : les actes inhumains ont toujours une fin et chacun finit par payer pour les crimes commis. C'est peut-être aussi pour ça que les groupes islamo-terroristes exigent de plus en plus d'argent. Cet argent qu'ils récoltent suite aux rapts et aux agressions de toutes natures, permet aux narcotrafiquants de vivre dans un certain confort. Il leur permet, bien entendu, de s'approvisionner en drogue, en armes et autres moyens logistiques de plus en plus sophistiqués. Les adeptes du terrorisme international alimentent ainsi leurs projets d'agression et de subversion. Mais, il ne faut point se laisser intimider. Car, le chef de l'Etat français n'est pas le seul à mal dormir par ces temps de fêtes. Les responsables des groupes islamistes aussi sont certainement épuisés d'attendre une guerre qui...tarde à venir ! Ils avaient pourtant si mûrement préparé leur conquête du Nord-Mali. C'est donc par dépit qu'ils capturent les otages occidentaux. C'est aussi pour les mêmes raisons qu'ils amputent les bras, donnent des coups de fouets aux pauvres citoyens maliens abandonnés par leur gouvernement indécis et leur armée nationale sans tête réelle.

Les « fous de Dieu » n'ont jamais réellement été de vrais défenseurs de l'Islam. Ils savent que jamais ils ne pourront convaincre les sub- sahariens de leur prétention à défendre cette religion reconnue tolérante. Leur Dieu à eux ne leur a rien transmis de miséricordieux. C'est donc en désespoir de cause qu'ils poussent d'autres illuminés naguère crevant de faim à s'en prendre à de paisibles populations. Et sur ce terrain, de plus en plus en Afrique noire, prédomine le sentiment que l'Algérie de Bouteflika se fait molle par intérêt. La question se pose de savoir si Alger veut oui ou non aider l'Afrique de l'Ouest à sortir du « bourbier salafiste » ! Aurait-elle choisi de se ranger derrière des citoyens algériens soucieux de « casser du nègre », et d'évangéliser à leur manière des gens réfractaires à un modèle qui diffuse des valeurs rétrogrades ?

Les tergiversations de ceux qu'on avait jusqu'alors pris pour des amis, prêtent sérieusement à confusion. Il est temps pour la diplomatie algérienne de clarifier sa position, en tout cas de cesser de nous faire croire que le régime en place a choisi de fermer les yeux quand des ressortissants algériens viennent se livrer à des exactions sur des populations sans défense en Afrique sub-saharienne. Car, c'est fort malheureusement bien de cela qu'il s'agit. N'empêche, il ne faut pas prêter le flanc. Il faut mettre continuellement en garde les populations et surtout les Occidentaux qui s'aventurent dans des endroits réputés dangereux. Il faut également multiplier les efforts pour endiguer le fléau.

La coopération entre Etats et entre structures et une bonne coordination des actions permettront à coup sûr de venir à bout des groupes islamistes. La guerre psychologique ne doit pas l'emporter. En attendant, il faut s'abstenir de faire le jeu de ces égoïstes et marginaux qui jouent aux reptiles entre des millions d'humains désireux de fraterniser. Jamais les causes que défendent les terroristes preneurs d'otages ne seront celles des démocrates et des laïcs.

Source: L'Observateur Belgaa

 

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