Les exportations pétrolières libyennes devraient reprendre progressivement. Le temps presse en Libye parce que les nouvelles autorités de Tripoli ont besoin d'argent frais pour la reconstruction du pays. Elles ont déjà commencé à restaurer ce qui peut l'être et remettre en marche des plateformes industrielles, endommagées par la guerre. Il y a quelques jours, deux sites pétroliers libyens, Az-Zahrah et As-Samah, qui produisent jusqu'à 16 000 barils par jour, ont été remis en exploitation. (Source: La Tribune)

http://www.latribune-online.com/thumbnail.php?file=15A_634276982.jpg&size=article_medium

Ainsi, le colonel, autrefois impudent, «se rend», capitule : après le 11 septembre 2001, Tripoli change radicalement de discours et se range du côté de Washington parmi les partisans les plus farouches dans la lutte antiterroriste, sans nuance. Enfin, en 2003, quelques jours après l'entrée des blindés américains dans Bagdad, Kadhafi renonce publiquement à doter son pays de l'arme nucléaire. Le Guide libyen semble avoir ainsi appris à se faire aimer et désappris à se départir des déclarations intempestives, nocives. Et la communauté internationale le lui rendait bien : le 13 novembre 2003, les dernières sanctions internationales sont levées et la route est libre pour la relance pétrolière. Kadhafi, privé pendant quelques années de revenus pétroliers, rêve de doubler rapidement la production pour la porter à plus de trois millions de barils/jour, ce qui devait faire de la Libye l'égale de l'Iran et un membre influent de l'Opep. La machine pétrolière s'est remise en marche. En août 2004, la Cnoc met aux enchères quinze permis de prospection. C'est la ruée vers l'or noir. Cent vingt compagnies manifestent leur intérêt, dont plusieurs géants américains et britanniques qui avaient quitté la Libye en 1986 sans jamais avoir été nationalisés. Onze des quinze «blocs» sont attribués à des Américains (Occidental, Amerada Hess, ChevronTexaco). Clairement, la priorité du pouvoir est d'associer une nouvelle fois les pétroliers d'outre-Atlantique à son industrie, au détriment des sociétés européennes comme Total qui, pourtant, l'avaient soutenu pendant la période des sanctions. Les compagnies manifestaient de l'intérêt pour le pétrole libyen, pourtant les conditions d'accès aux gisements n'étaient pas du tout souples : 133 millions de dollars à verser à la signature, un minimum de 300 millions de dépenses d'exploration.Le brut libyen est réputé d'excellente qualité et ses gisements sont proches des centres de raffinage européens, parmi les plus importants du monde. Actuellement, le pétrole libyen représente environ 15% de la consommation de la France et moins de 10% de celle de l'Union européenne. Si le nouveau pouvoir de Tripoli réussit à en extraire abondamment, dans les mois, ou les années à venir, cela va certainement peser sur les marchés et, du coup, sur le prix, dans un contexte économique mondial difficile.

Retour à l'accueil