En fuite depuis août dernier, le fils du dictateur libyen déchu, Seif al-Islam Kadhafi, a été arrêté par les nouvelles autorités du pays, a annoncé hier Mohammed al-Allagui, ministre de la Justice et des Droits de l'Homme au sein du Conseil national de transition (CNT). Donné pour réfugié au Niger, où se trouve une partie de sa famille, le dernier fils en cavale de Mouammar Kadhafi, tué par les rebelles le 20 octobre dans sa ville natale Syrte, a finalement été capturé dans une ville du sud de la Libye, selon les mêmes sources. (Source: La Tribune)

 

http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/01467/p-saif-gaddafi1_1467380c.jpgBachir Taïb, responsable militaire au sein du CNT pour la région de Zenten (sud de la Libye), a affirmé que ses éléments ont «arrêté Seif al-Islam avec trois de ses collaborateurs dans la région d'Oubari», précisant que l'ancien prétendant au trône en Libye, en successeur de son père, «sera transféré à Zenten», à 170 km au sud-ouest de Tripoli. Activement recherché par les rebelles du CNT, Seif al-Islam, 39 ans, devrait être remis à la Cour pénale internationale qui l'accuse de «crimes contre l'humanité». Cette juridiction internationale a délivré un mandat d'arrêt le 27 juin dernier à l'encontre de celui qui a été considéré comme un des membres clés de l'ancien régime de Tripoli. Selon le document de la CPI, Seif al-Islam a joué un «rôle clé dans la mise en oeuvre d'un plan», élaboré par son père, au début du soulèvement du peuple libyen. Il était en fait question pour l'ancien dictateur de faire taire son peuple et de le «réprimer par tous les moyens», chose qu'il a faite durant plusieurs jours avant l'entrée en jeu des forces armées de l'Alliance atlantique (OTAN), sous le commandement de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

 

La CPI a confirmé, de son côté, l'arrestation officielle du fils de l'ancien guide libyen. «Le premier élément, maintenant, est de confirmer la capture. Ce que nous allons faire, c'est attendre la confirmation officielle des autorités qu'un suspect recherché par la CPI a été arrêté», a confirmé Fadi El-Abdallah, porte-parole de cette institution auprès des autorités libyennes. Seif al-Islam avait surpris les Occidentaux avec son discours guerrier, alors qu'il était perçu avant comme étant le promoteur d'une meilleure ouverture politique de son pays sur le reste du monde. En fuite depuis la chute de Tripoli le 23 août, il aurait tenté, récemment, de négocier sa reddition. Son arrestation a-t-elle été opérée dans le cadre de ces pourparlers «informels» dont avait parlé le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, le 2 novembre devant les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ? L'annonce de l'arrestation de Seif al-Islam, dans le sud de la Libye, intervient à la veille de la formation d'un nouveau gouvernement. Le Premier ministre, Adbel Rahim al-Akib, a déjà élaboré une liste des futurs membres de cet exécutif qui aura pour mission de préparer des élections constituantes, dans un délai de huit mois maximum, suivies d'élections générales, un an après au plus tard.

A noter que le mandat d'arrêt qui avait été délivré par la CPI, concernant aussi le défunt Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam et l'ancien chef des services de renseignements libyens, Abdallah al-Senoussi, les soupçonnait de crimes contre l'humanité commis à partir du 15 février lors de la répression de la révolte dans leur pays. Al-Senoussi, beau-père de Seif al-Islam, est, quant à lui, toujours en fuite. Trois de ses frères ont été tués pendant le conflit, Seif al-Arab dans un bombardement de l'Otan en avril, Khamis dans des combats après la chute de Tripoli fin août et Mouatassim après son arrestation à Syrte le 20 octobre. Les autres enfants de l'ancien dirigeant ont trouvé refuge dans des pays voisins, Mohamed, Hannibal et Aïcha en Algérie avec Safiya, la veuve de Kadhafi, et Saâdi au Niger.

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