La présidente Ellen Johnson-Sirleaf a été réélue à la tête du Liberia avec 90,8% des suffrages exprimés. Mais avec le retrait Winston Tubman, la violence et la baisse du taux de participation sont autant de paramètres qui font que cette réélection ait un intérêt purement théorique dans le processus de consolidation de la démocratie au Liberia.

Le taux de participation a atteint 37,4% alors que plus de 70% des quelque 1,8 million d'électeurs s'étaient, comme l'a rappelé le journal La Tribune, déplacés pour voter lors du premier tour. Cette chute de participation s'explique également par l'appel au boycott lancé par Winston Tubman.

L'opposant à la présidente en exercice avait annoncé le retrait de sa candidature à la suite des événements de lundi, accusant le parti au pouvoir d'avoir tenté de l'assassiner. «J'ai été la cible d'un tir de sniper, ce tir m'était destiné», avait-il déclaré. Des accusations démenties «catégoriquement» par le chef de la police libérienne, Marc Amblard. Dans ce pays qui est sorti de près de quatorze ans de guerre civile en 2003, ce type d'incident ravive des souvenirs.

 

INTERET THEORIQUE

Bien que chacun soit libre de prendre une position dans la démocratie, le faible taux de participation dénote un manque criant d'intérêt dans le chef des électeurs libériens.

Ce qui fait dire à un analyste que la réélection d'Ellen Johnson Sirleaf a intérêt purement théorique dans la consolidation de la démocratie dans ce pays qui peine encore de bander les plaies des années de guerre.

Et malgré cette victoire électorale qui rappelle les élections d'anciennes démocraties populaires, le prix Nobel Ellen Johnson ferait mieux de former un gouvernement qui comprendra également les ministres issus des partis de l'opposition afin de cimenter la réconciliation nationale et d'éviter la recrudescence de la violence dans ce pays de l'Afrique de l'Ouest.

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