Que d'encre et de salive cette fatwa gouvernementale n'a-t-elle pas fait couler en cette entame du mois de décembre ? Alors que, dans certains départements ministériels, on en était encore à se battre pour la présidence des sous-commissions "piment", "porc au four", "boisson", "poulets", et que savons-nous encore, la sentence est tombée :


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• Interdiction d'organiser des fêtes de fin d'année et de présenter des voeux à l'exception de celles organisées à l'occasion de la présentation de voeux au chef de l'Etat par les corps constitués et le corps diplomatique ;

• interdiction d'organiser des réceptions à l'occasion des décorations à l'exception de celle organisée le 11 décembre à la présidence du Faso ;

• interdiction formelle de commande et de distribution de cadeaux et de gadgets en fin d'année.

Les fonds ainsi dégagés, préalablement destinés aux fêtes traditionnelles de la République, devront être utilisés pour l'achat de vivres au bénéfice des populations.


Ainsi en ont, en effet, décidé le grand Sachem et sa cour, réunis en conseil hebdomadaire le mercredi 30 novembre dernier.


Tout aussi spectaculaire que diaboliquement géniale, cette mesure souffre cependant de certaines infirmités : si l'ardoise de toutes ces fêtes somptueuses au Burkina émergent demeure un secret de polichinelle, on attend encore de connaître la date d'entrée en vigueur de celle-ci, comme on aurait pu ajouter à ce chapitre des fêtes de fin d'année un quatrième verset : "interdiction formelle à tout président d'institution, ministre, directeur général, coordonnateur" et nous en oublions, de réceptionner toute offrande d'où qu'elle vienne.


Une fatwa pour l'avenir ?


Oui, oui et mille fois oui, quand on sait que, dans certains institutions ou départements ministériels, les bons de commande pour célébrer les funérailles de l'année 2011 et la naissance de 2012 auraient déjà été lancées depuis... septembre dernier.


Alors que faire ?


En tout cas, c'est une fatwa des plus salutaires pour l'économie nationale, mais à l'entame d'une année électorale des plus promises comme celles des législatives et municipales couplées, on a hâte de voir si les militants recevront leurs voeux par SMS.


Et pourquoi, bonnes gens, ne pas l'étendre à d'autres manifestations, telle le 8-Mars, Journée internationale de la femme, qu'on se croit obligé d'organiser dans toutes les provinces et communes après la commémoration nationale, présidée par la première Dame du Faso, avec toutes les implications financières que l'on sait ?


Dans cette attente, bravo à Lucky Luke de réussir l'exploit de resserrer les cordons de la bourse, n'en déplaise à ces prédateurs qui voient là s'envoler l'occasion d'achever leurs murs ou de ressusciter leurs guimbardes.

 

Décidément, le voile vert dont on commençait à percevoir les contours est bel et bien sur le point de recouvrir le Maghreb, secoué depuis le début de l'année par une vague de révolutions plus ou moins pacifiques.


Ainsi en Tunisie, après la fuite du dictateur Ben Ali, ce sont les «islamistes modérés» d'Ennahda qui ont pris le dessus, loin devant leurs adversaires progressistes, héritiers malheureux de Bourguiba.


En Egypte enfin, après la chute de la maison Moubarak, les premières législatives libres et transparentes livrent leurs premiers résultats : c'est avec un taux de participation de 62%, une ampleur jamais vue avant, que les enfants du Nil se sont rendus aux urnes la semaine dernière ; et selon les premières tendances, leurs suffrages sont majoritairement allés vers les Frères musulmans, qui, de tout temps, ont su tisser leur toile, s'investissant dans le social, parent pauvre des politiques publiques.


Rien n'est encore joué, mais on peut s'attendre à un duel islamo- islamiste dans lequel les différentes chapelles, ou plutôt minarets, se retrouveront dans un mouchoir de poche ; car, sauf tremblement de terre, en Egypte, les barbus toutes catégories confondues sont sur le point de remporter la mise. Les Frères musulmans, en pole position, prônent un islam «centriste et modéré» tandis que les Salafistes revendiquent, quant à eux, un islam rigoriste.


Ainsi, l'avenir de l'Egypte se joue dans un foulard de poche, au grand dam de l'Etat Hébreu, un voisin de plus en plus isolé dans la région et qui voit se réaliser le pire des scénarios à ses portes.


Législatives ivoiriennes Derby houphouétiste


Une semaine, c'est particulièrement court pour convaincre. Déjà que cette élection n'aurait pas l'adhésion de toutes les forces politiques, la nouvelle donne est venue compliquer les choses. Plus que jamais, les législatives donnent lieu à un derby houphouétiste (entre le PDCI et le RDR) avec le PFI en spectateur, puisque le parti de l'ancien président n'adhère pas au processus. La campagne s'annonce d'ailleurs au moment où le nouveau pensionnaire de la prison de la Haye va être entendu.


On se demande sur quoi vont déboucher les élections, car si la participation se fait déjà en rangs dispersés, ce n'est pas sûr que le scrutin sera de nature à consolider la paix et surtout la Réconciliation nationale.

 

Elections en RDC Thisekedi rejette les résultats

 

Manque de bulletins de vote, bulletins prémarqués, secret de polichinelle du vote, urnes non scellées, vote de mineurs, intervention de personnes non autorisées, électeurs guidés, non-vérification de l'encre prouvant que l'électeur a déjà voté, etc. dix mille fois à vous couper le souffle, la Mission d'observation électorale de l'Union européenne (MOEUE) en a décidément vu des vertes et des pas mûres électorales dans le capharnaüm dynastique kabilais ; tout cela, dans un décor préélectoral fait de 86% de temps d'antenne pour Kabila, 8% pour Kengo wa Dondo, 3% pour Vital Kamerhe et, à tout seigneur tout honneur, 1% à Thisekedi selon le chef de mission de la MOEUE, l'eurodéputée dame Mariya Mariya Nedelcheva : donc plus tu pourrais me battre, moins tu pourras parler ? Cerise sur le gâteau, la nomination, non seulement en pleine campagne, mais aussi et surtout par le candidat Kabila, "qui pourrait violer les conditions établies par le statut des magistrats" (encore et toujours selon la MOEUE), de 18 nouveaux magistrats à la Cour suprême de justice, juge du contentieux électoral, ce, désormais à huis clos seulement depuis août pour les besoins de la cause ?

 

Rien d'étonnant donc que Thisekedi avec les autres opposants candidats rejettent les résultats du tiers des bureaux de votes dépouillés, qui donnent Kabila en tête avec une avance de 1 000 000 de voix avec ses 47% des suffrages contre son poursuivant de Thisekedi crédité de 32% des votes. Selon la Belgique, il paraît qu'il faut respecter le verdict des fourre-bulletins de vote tenant lieu d'urnes.

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