Au Congo Brazzaville, les avocats Ambroise Malonga et Auguste Ombessa ont été transférés à la Maison d'arrêt de Brazzaville ce mardi 10 avril après 24 heures passées en garde à vue au commissariat central. Ils ont été arrêtés lundi par des policiers en civils en pleine conférence de presse. Les deux hommes défendent le colonel Marcel Ntsourou, arrêté il y a dix jours dans le cadre de l'enquête sur la série d'explosions du 4 mars dans le dépôt de munitions du quartier Mpila qui a fait au moins 282 morts selon un bilan officiel.


http://www.zenga-mambu.com/vignettes/ambroise-malonga-ok.jpgAristophane Batota, l'assistant de Maître Ambroise Malonga, dénonce une arrestation arbitraire qui selon lui vise à empêcher la vérité d'éclater sur l'explosion du mois dernier.


« Si dans un pays, déjà les avocats, qui sont reconnus défendre les personnes poursuivies, si ces avocats sont également arrêtés, ça veut dire que nous ne sommes plus un Etat ! Nous devenons un Etat anarchique, parce que les avocats sont censés nous défendre, quelques que soient les charges qui peuvent peser sur nous, les citoyens, les justiciables.


Nous pensons que c'est la police. Ceux qui sont peut-être contre la transparence dans cette affaire du 4 mars 2012, pensent qu'il fallait étouffer Maître Malonga et Maître Hombessa, à démontrer au grand public, comment le dossier est en train d'être manipulé, pour faire souffrir les Congolais, qui peut-être certainement n'ont rien à voir avec ces événements du 4 mars 2012 ».


Réponse des autorités, par la voix du ministre de la Communication, Bienvenue Okiemi, porte-parole du gouvernement. Il explique quelles sont les charges qui pèsent sur Maître Malonga.


« Maître Malonga n'est plus avocat régulièrement inscrit au barreau de Brazzaville depuis 2008, d'où l'atteinte à l'article 258 du Code pénal, usurpation de la qualité d'avocat » (...) « Ceux qui l'ont accepté en tant qu'avocat ont été trompés ! Non seulement maître Malonga a menti sur sa qualité d'avocat auprès de son client, il a menti auprès des autorités judiciaires, qui heureusement s'en sont rendues compte. Et c'est la raison pour laquelle il est poursuivi !


Maintenant nous avons un autre élément de fait : l'atteinte à la sûreté intérieure. Maître Malonga a donné une conférence de presse pour défendre son client, à son domicile, localisé dans un camp militaire, dans un domaine appartenant à l'armée. Ce qui est interdit en droit congolais. C'est l'article 82 du Code pénal. Nous ne faisons qu'appliquer les règles de droit, qui s'appliquent dans notre pays ».


Selon son assistant, Me Malonga ne figure effectivement plus sur la liste des avocats inscrits au barreau de Brazzaville pour des raisons administratives liées à un conflit avec le gouvernement sur des indemnités qu'il réclame. Mais il dispose d'une lettre du bâtonnier l'autorisant à exercer, et il n'a jamais cessé de plaider ces dernières années.

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