Ai-Congo — Au lendemain de l'explosion des munitions au régiment blindé de Mpila à Brazzaville, le 4 mars dernier, le gouvernement congolais a promis une allocation de 3 millions de FCFA à tous ceux qui ont perdu leurs domiciles et autres biens. Mais sur le terrain, le drame continu. Une bien triste histoire entachée de nombreuses irrégularités ...


http://www.afrik.com/local/cache-vignettes/L500xH331/arton25081-03eec.jpgLe nombre des sinistrés a quadruplé

Au nombre de ceux qui sont réellement concernés, le gouvernement a ajouté ceux qui habitaient les quartiers périphériques de la zone du drame. Ainsi, le nombre des sinistrés a plus que quadruplé depuis le 4 mars jour de l'explosion. Les personnes ayant subi quelques dommages (fissures de murs, perte de tôles, effondrement de plafond), ont été autorisées à percevoir l'allocation.

L'enveloppe s'alourdit mais le gouvernement a assuré que s'il y a 10.000, 20.000 ou 25.000 familles concernées, elles seront toutes indemnisées. Cependant, beaucoup d'irrégularités sont constatées quant à l'identification des sinistrés, parmi lesquels bon nombre ne remplissent pas les critères. Des personnes habitant des quartiers éloignés du lieu du drame se sont inscrites sur les listes avec la complicité des responsables des quartiers et perçoivent de l'argent.


Désormais des enquêtes préalables pour freiner les petits malins

Devant cette incohérence, le gouvernement a décidé de procéder à des enquêtes préalables pour freiner les appétits des esprits malins qui profitent de la latitude du gouvernement pour se faire les poches. C'est ainsi que dorénavant, les prétendants doivent patienter quelques jours pour voir leurs noms affichés. Parfois, les agents du trésor chargés de recevoir les sinistrés font promener ceux-ci d'un lieu à un autre sous une chaleur d'enfer.

La colère des sinistrés ne s'est pas fait attendre. Le 2 avril, des hommes et des femmes déplacés d'un commissariat de police vers une école de formation de la police, situés à quelques six kilomètres, ont défoncé le portail de cette école, où ils n'ont trouvé aucun agent du trésor pour les recevoir. Après plusieurs heures d'attente sous le soleil, les infortunés se sont dispersés en maugréant.


Des plaintes qui en disent long sur la désolation des sinistrés

« Je ne reviendrai plus jamais ici, ils n'ont qu'à garder leur argent !, s'énerve Pauline Bahouta, une vieille femme doublement fatiguée par l'âge et la longue marche. Toute la journée a été marquée par des va et vient des sinistrés en sueur et visiblement en colère.

« Les autorités nous font marcher comme çà pour nous fatiguer jusqu'au moment où nous abandonnerons ? Ce sont des trompeurs qui nous ont fait miroiter monts et merveilles à la télé », s'indigne Martin Ebissila, fonctionnaire retraité qui a perdu la moitié de sa maison.

 

Article: Eugene Gampaka

Retour à l'accueil