L'histoire dira un jour si Alexandre T. Djimeli a bien fait de reprendre le chemin des salles de classe pour y enseigner, abandonnant derrière lui le journalisme et ses lecteurs.


http://files.cameroonwebnews.com/uploads/2011/06/Bakassi_Akwa.jpgLui qui en une décennie aura laissé à la postérité, à côté d'éditoriaux et d'analyses de première main, deux ouvrages essentiels sur la compréhension de deux phénomènes importants de notre temps et qui ont partie liée avec la guerre : la situation au sud du Darfour et la nouvelle donne dans la presqu'île de Bakassi au lendemain du retour de ce territoire à la souveraineté camerounaise.

 

En lisant le magnifique ouvrage qu'il a récemment publié chez Ifrikiya, l'on est bien sûr frappé par la détermination et le sens du détail de ce reporter né, que le séjour désormais dans les amphis aura du mal à effacer.

 

Là où beaucoup l'attendaient après son livre sur le Darfour, Alexandre le Grand, c'est le cas de le dire, est encore allé plus loin. Réussissant à entraîner son lecteur dans le sillage de son odyssée en ce territoire où les dangers foisonnent, mû simplement par une question essentielle posée au frontispice de son ouvrage : «Que se passe-t-il donc à Bakassi, maintenant que le Cameroun a recouvré sa pleine autorité sur la zone voici déjà quelques années ?»

 

Question simple mais sérieuse au vu de la situation relatée avec force détails par un reporter finalement désireux de voir son pays prendre toute la place qui lui revient dans cet espace territorial au croisement d'enjeux stratégiques d'importance.

 

Son odyssée et ce qui en ressort démontre qu'il y a au bas mot encore du travail à y effectuer afin de rendre à cette zone tout ce qu'elle est en droit d'attendre par rapport à son progrès.

 

Aussi, le travail du reporter ramène au goût du jour une insuffisance de vision globale et unique ainsi que de coordination dans les actions qui sont pourtant entrepris par l'exécutif camerounais.

 

Des manques qui plombent sérieusement l'avenir de la zone. Car entre les travaux inachevés, le racket des riverains par les forces préposées pourtant à leur sécurité et le désenclavement d'une partie importante, il y a tant à faire.

 

Dieu merci, la guerre semble être derrière nous, mais pourquoi diable le laxisme ou à tout le moins le manque de rigueur continue de faire son lit ici alors que priorité devait être donnée au développement de cette niche de ressources en tous genres de laquelle le Cameroun pourrait d'ailleurs tirer plus que des dividendes intéressantes ?

Une question parmi d'autres qui préoccupent sans doute en haut lieu, mais qui persiste à présenter son visage hideux dans le magnifique travail de M. Djimeli.

 

Certains pourraient arguer de ce que la plus grande partie de l'ouvrage a été préalablement lu dans les colonnes du Messager où officiaient alors l'auteur pour ne pas le lire. Ce serait faire erreur et surtout injure à ce dernier.

 

Lui qui a pris le soin de compléter son enquête de terrain avec la documentation idoine, sans doute pris par la grippe de la recherche qui est la marque même de l'université où il se meut désormais. Ce qui est tout à son honneur et fait de son livre une mine d'informations de première main.

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