http://www.sudplanete.net/_uploads/images/evenements/evt_18212.jpg" Née à Brazzaville en 1965, Bill Kouélany est à la fois plasticienne, dramaturge, illustratrice et vidéaste. Elle commence à peindre dans les années 80. Très vite sa peinture se radicalise en réponse à la double tension du Congo en guerre et du poète Tchicaya U Tam'si ("Je me suis retrouvé dans cette poésie, peut-être parce que Tchicaya est un écorché vif"). Elle lacère et déchire ses toiles puis les recoud grossièrement. Car c'est la couture (scarification ? point de suture ?) qu'il importe désormais de montrer, comme s'il s'agissait moins de réparer que de pointer du doigt la plaie en révélant le fantôme sous la peau.

Parallèlement elle écrit, et notamment pour le théâtre, prolongement nécessaire à sa peinture (Cafard, cafarde / Songui, songui / Peut-être). Elle réalise également des vidéos et des documentaires (Chair monologue / Résistance / Feu / 27 rue Itoumbi).

Elle s'impose en 2007 à la 12ème Documenta de Kassel en présentant une sorte de mémorial du temps présent : un long mur de papier mâché imitant le béton, dominé par des piles d'archives mystérieuses et sur lequel des coupures de presse étaient froidement collées. A la fois support et œuvre in situ à part entière, le mur est devenu un des instruments d'expression privilégiés de l'artiste. Figure essentielle de la ruine (ici il y avait une maison) et de l'incommunicabilité (un mur nous sépare), Bill Kouélany l'érige en monument et le fétichise en y introduisant des fragments autobiographiques, des portes, des téléviseurs et des articles de journaux. Mur-cortex sur lequel l'artiste tient son journal de bord en une scénographie impitoyable. Mur-palimpseste où le regard du spectateur exhume malgré lui ce qu'il n'avait pas su ou voulu voir avant.

Confrontant l'intime à l'actualité internationale et les ruines du passé à l'horreur du présent, mêlant les mots aux images, déchirant et rapiéçant ses toiles, emprisonnant le chaos des informations, des mémoires et des corps dans un gris neutre et presque indifférent, l'œuvre de Bill Kouélany se présente comme une tentative quasi-chirurgicale d'appréhender ce que la réalité nous laisse : des cicatrices, des lambeaux d'identité, des messages absurdes et une colère sourde. Le mur, la toile, le texte nous tendent des miroirs en même temps que l'impossibilité de tout miroir ("Vous ! Avez-vous déjà observé les traits de votre visage quand vous éclatez de rire ? Froidement soutenu votre regard dans le miroir quand la chair vous fait ses aveux ? Un visage écartelé, tourmenté, distendu"). Pourrons-nous jamais nous reconnaître pour ce que nous sommes vraiment ? " Eric Girard-Miclet, directeur CCF Pointe-Noire

Dernières expositions
2006 : Biennale de Dakar (prix de la Francophonie & prix du Montalvo Arts Center, USA).
2007 : Documenta de Kassel / Galerie Peter Herrmann, Berlin / Galerie RDV, Nantes.
2008 : Joburg Art Fair, Johannesburg / Galerie Nomade, Bruxelles /
Galerie CBK Projet IFAA, Arnhem - Pays Bas / Casa Africa, Las Palmas - Grande Canarie.

Cinéma / vidéo
2008 : Festival International du Film sur l'Art, Montréal.

Théâtre
2003 : Cafard, cafarde, lecture Théâtre International de Langue Française, Paris.
2004 : Songui, songui, mise en scène Jean Paul Delore, CCF Brazzaville et Pointe-Noire.
2007 : Peut-être, mise en scène Jean Paul Delore, tournée en France /
Extrait d'acte de naissance, lecture Atelier du Plateau, Paris.

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