Document

http://terangaweb.com/terangaweb_new/wp-content/uploads/2011/12/ngozi_okonjo_iweala.jpg
Ngozi Okonjo-Iweala (Photo Courtesy Fraternité Matin)

Je vais bientôt atteindre l'âge vénérable de quatre-vingts ans. En faisant le bilan de la transformation de l'Afrique durant ma vie, je me réjouis d'avoir été au cœur du passage du colonialisme à la souveraineté.


Ma génération a compris que tout était possible. Nous avons été inspirés par des personnalités telles que Nkrumah, Kenyatta, Nasser, Senghor, Nyerere, Ghandi et Martin Luther King, Jr.

Les grandes puissances économiques ont recruté les esprits les plus brillants du soi-disant « continent noir », comme un de mes contemporains, un jeune économiste kényan du nom de Barack Hussein Obama père, afin qu'ils poursuivent leurs études dans les meilleures universités européennes et américaines. Nous ne nous sommes pas vu accorder de privilèges d'inscription, mais nous avons dû persévérer dans un environnement compétitif. Le monde, en général, et la Banque mondiale, en particulier, ont été les bénéficiaires de cet apport. On nous a forcés à exceller uniquement en fonction de notre mérite. Ma génération, de par sa situation, a compris que pour se démarquer, elle se devait d'atteindre la réussite scolaire et professionnelle dans les milieux les plus concurrentiels du monde entier.


Cette génération a mis en œuvre les processus démocratiques et de défense des droits de l'homme et proclamé son attachement au libre marché que nous, Africains, acceptons dorénavant comme étant la forme la plus élevée de gouvernance et le système économique le plus équitable.


Aujourd'hui, l'Afrique vous offre ce qu'elle a de meilleur, soit une jeune femme que les épreuves ont transformée en dame de fer. A l'âge de 15 ans, au milieu d'une zone de guerre où un million de personnes avaient péri, cette jeune femme du nom de Ngozi Okonjo-Iweala, luttant contre les ravages de la famine, a pris sur son dos sa petite sœur de trois ans souffrant de la malaria, et a fait 10 kilomètres à pied pour rejoindre le médecin le plus proche. Malgré la souffrance, elle a persisté, se disant sans cesse qu'elle arriverait à destination et que, pour sauver sa sœur, il lui suffirait de continuer à mettre un pied devant l'autre. La sœur de Ngozi est aujourd'hui mère de trois enfants et médecin et c'est elle qui dorénavant sauve des vies. Deux ans après cette épreuve, Ngozi a été admise à la prestigieuse université Harvard en sciences économiques. Après avoir excellé à Harvard, Ngozi a obtenu un doctorat à MIT, le Massachusetts Institute of Technology.


Parmi ses contemporains à Harvard et à MIT se trouvaient Benjamin Bernanke, Bill Gates, John Reed, Jeffrey Sachs et Lawrence Summers.


L'Afrique et l'ensemble des marchés émergents et des marchés frontières apprécient la gravité des responsabilités des Gouverneurs de l'Union européenne. Tout ce que nous vous demandons à présent, c'est de permettre à notre fille d'Afrique de bénéficier d'un processus de sélection libre, équitable et ouvert au moment où vous prenez la décision cruciale de désigner le président de la plus importante institution de développement du monde. Au moment où vous entreprenez le processus de sélection du prochain président de la Banque mondiale, nous vous prions de choisir le meilleur candidat pour diriger cette institution en ce début du XXIe siècle.


Nous présentons la candidature d'une économiste qui vous dit: « Pour aider l'Afrique, il faut faire des affaires avec l'Afrique ». Notre économiste a dirigé une des économies les plus importantes du monde. Elle a négocié avec le Club de Paris. Et elle joue, depuis 21 ans, un rôle majeur au sein de la Banque mondiale.


J'observe l'évolution de ce processus depuis 30 ans. Nous vous demandons clairement de considérer la candidature d'un des meilleurs talents de l'Afrique pour le poste le plus élevé jamais ouvert dans le monde en voie de développement.


Au cours des cinq prochaines années, la Banque mondiale procédera à des investissements de près de 500 milliards d'euros. Le défi de procéder à l'affectation de ressources aussi importantes doit être confié au meilleur candidat possible, celui qui possède les meilleures connaissances, la meilleure formation et la meilleure expérience.


J'estime que le meilleur candidat – la meilleure candidate – pour diriger aujourd'hui la Banque mondiale est le docteur Ngozi Okonjo-Iweala, l'actuelle ministre des finances de la République fédérale du Nigeria, trente et unième économie mondiale. Je vous encourage, Mesdames, Messieurs les Gouverneurs de l'Union européenne, à prendre la meilleure décision qui soit pour la Banque, pour l'Europe et pour le monde entier en désignant cette fille de l'Afrique comme prochain Président de la Banque mondiale.


Babacar Ndiaye a été président du groupe de la Banque africaine de développement, fondateur de la Banque africaine d'import-export, de Shelter Afrique, de l'African Business Roundtable, membre du Forum Afrique, Ambassadeur extraordinaire du Sénégal et conseiller stratégique senior en matière d'investissements, de finance et de croissance du secteur privé en Afrique. Diplôme de l'École Supérieure de Commerce, Toulouse, France; Diplôme de l'Institut d'Études Politiques « Sciences Po » Paris, France; Diplôme du Centre d'Études Bancaires et Financières, Paris, France; Diplôme d'État d'Expertise Comptable, Paris, France.


Retour à l'accueil