Guest column

 

L'Afrique est en mouvement. À l'heure où plusieurs autres régions du monde font face à un ralentissement de l'activité et à l'incertitude, nombre de pays d'Afrique ont affaire à un défi d'une tout autre nature : répondre à la demande croissante dont font l'objet leurs abondantes ressources et gérer la hausse des investissements dans les projets d'infrastructure dont ils ont tant besoin. (GMI-Washington, USA)

 

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Dans ce contexte, ma première visite en Afrique en qualité de Directrice générale du Fonds monétaire international la semaine prochaine ne pourrait tomber à un meilleur moment. En une dizaine d'années, l'Afrique, qui avait jusque-là bien souvent été victime de chocs internes et externes, a acquis une nouvelle confiance dans sa réussite économique. La persévérance dans l'application de bonnes politiques économiques porte ses fruits et des institutions telles que le FMI n'hésitent pas à citer en exemple la constance avec laquelle le continent a suivi la voie de la réforme et de la reprise.

 

Rodger Bosch

La ville de Cape Town

 

Les richesses naturelles de l'Afrique attirent de plus en plus d'investissements étrangers pour développer et mettre en valeur ces ressources. Grâce aux investissements nationaux et étrangers, un grand nombre de pays ont entrepris de combler leur énorme déficit d'infrastructures. De plus, les dépenses sociales, même si elles sont encore insuffisantes dans bien des cas, sont en augmentation constante, ce qui se traduit par des progrès dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

En Afrique subsaharienne, la croissance a été en moyenne de l'ordre de 5 % à 6 % par an au cours de la décennie écoulée. C'est bien, mais ce n'est pas assez. En particulier, la gestion des richesses naturelles n'est pas sans poser certaines difficultés à la fois sur le plan économique et sur le plan de la gouvernance, difficultés qu'il faudra résoudre pour assurer une croissance soutenue et solidaire, et réaliser des progrès décisifs dans la réduction de la pauvreté.

 

Ce rapprochement avec le reste du monde a cependant pour conséquence, entre autres, que les problèmes des autres pays peuvent vite devenir les problèmes de l'Afrique. Les pays africains s'inquiètent des effets d'une crise venue de l'extérieur du continent — le risque d'un ralentissement économique provoqué par une crise financière dans les pays avancés, surtout en Europe. Il faut donc réfléchir à ce que les pays d'Afrique peuvent faire pour se protéger des effets de la crise.

 

Cette visite me conduira dans trois pays qui résument les progrès considérables accomplis par l'Afrique et aussi le chemin qu'il lui reste à parcourir.

  • J'ai d'abord visité le Nigéria, pays le plus peuplé d'Afrique et aussi son plus grand producteur de pétrole.
  • J'y ai regardé avec intérêt le programme global que les autorités nigérianes sont en train d'établir pour affronter les défis économiques du pays, notamment sa dépendance à l'égard du pétrole et la nécessité d'accélérer la création d'emplois.
  • Enfin, je visiterai l'Afrique du Sud, l'un des pays les plus développés du continent et un membre important du Groupe des Vingt principaux pays avancés et émergens. L'Afrique du Sud est étroitement intégrée aux marchés internationaux de capitaux de sorte que les incertitudes économiques mondiales ont des répercussions directes sur son économie, notamment sur son marché de l'emploi.

En prenant connaissance directement des principaux dossiers dans chacun de ces pays, je serais mieux en mesure de comprendre dans quel domaine et par quels moyens le FMI pourra apporter la meilleure aide possible à l'Afrique. Le FMI est prêt à répondre aux besoins des pays africains dans ses grands domaines de compétence : conseils de politique économique, assistance technique (notamment par le biais de nos quatre centres régionaux sur le continent) et programmes de prêts adaptés aux besoins de chacun (et assortis d'un taux d'intérêt zéro jusqu'à fin 2012). En effet, si globalement les perspectives de l'Afrique sont encourageantes, il reste encore beaucoup de travail à accomplir.

 

L'Afrique a devant elle un avenir prometteur, mais beaucoup de pays restent vulnérables aux turbulences économiques mondiales. Le FMI, fort de son expertise économique et financière, peut aider l'Afrique à affronter ces défis et à renforcer ainsi la confiance dans le continent.

 

 

Christine Lagarde est la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI).

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