L'avion militaire du Burkina Faso qui transporte Djibril Bassolé, le médiateur de la Cédéao, se pose, ce mardi 7 août tôt dans la matinée, à l'aéroport de Gao dans cette ville du nord du Mali tenue par le groupe islamiste Mujao. Cette visite a été tenue secrète jusqu'au dernier moment et c'est un message fort envoyé à tous les groupes armés comme aux populations.

 

http://md0.libe.com/photo/440119/?modified_at=1342786527&ratio_x=03&ratio_y=02&width=476Négocier pour éviter un nouveau conflit militaire. Après un passage rapide à Kidal il y a quelques semaines, Bassolé revient dans le nord du Mali discuter directement avec les chefs des groupes islamistes.

Visite stratégique donc, mais également symbolique. A sa descente d'avion, c'est à l'hôpital que s'est rendu le médiateur de la Cédéao. Un passage express mais « qui fait du bien », affirme le docteur Moulaye, le directeur de l'hôpital : « Cela fait du bien parce que, cela veut dire qu'il y a au moins des gens qui pensent à nous encore et qu'il y a des gens qui ont la volonté de trouver une solution mais également parce que cela peut inciter et encourager les autres aussi à venir. Je souhaite vraiment que ça puisse nous amener vers une paix durable. »

 

Djibril Bassolé a quitté Gao pour rejoindre Kidal afin de s'entretenir avec Iyad Ag Ghali, le chef d'Ansar Dine. En fin d'après-midi, il doit revenir à Gao pour s'entretenir avec les leaders du Mujao.

 

Des éléments de ces groupes se sont rendus à plusieurs reprises à Ouagadougou pour engager des pourparlers mais ces tractations sans fin n'ont jamais abouti. Bassolé vient donc négocier en tête à tête, c'est ce qu'il a expliqué Mohamed Ould Mahatady, l'un de représentants de la société civile de Gao.

 

« Nous l'avons fait tourner en ville et ensuite nous lui avons souhaité la bienvenue à Gao, explique-t-il. Il nous a répondu qu'eux soutiennent vraiment la paix et ils souhaitent que les choses reviennent dans l'ordre. Comme c'est le médiateur, c'est bien qu'il rencontre tous les facilités pour pouvoir savoir ce que se passe. Pour faire la paix il faut s'intéresser à tout le monde. A tous ceux qui portent les armes contre le Mali ».

 

Djibril Bassolé vient également préparer le terrain en vue des futures discussions entre l'Etat malien et les groupes armés. Dioncounda Traoré, le président par intérim, veut en effet mettre en place rapidement une commission nationale des négociations.

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