Une nouvelle étude publiée lundi par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) sur l'évolution des conditions climatiques dans la région du Sahel et en Afrique de l'Ouest s'inquiètent des répercussions sur la sécurité alimentaire et la stabilité régionale. (Source: Nations Unies)


 

« Cette étude concerne également les négociations de la Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques qui a lieu ici, à Durban, en mettant en lumière le besoin urgent d'une intensification des investissements en matière adaptation, de progrès au sujet du Fond Vert, de mesures de soutien telles que le programme de Réduction des émissions de CO' provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD) ainsi que l'importance d'atteindre le financement climatique de 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 », a-t-il ajouté.


 

Cette étude conjointe a analysé les tendances régionales des 40 dernières années en matière de température, de précipitations, de sécheresses et d'inondations ainsi que leurs implications sur la disponibilité des ressources naturelles, sur les moyens d'existence et sur les migrations et les conflits dans 17 pays ouest-africains.

Intitulé « Sécurité des moyens d'existence : changements climatiques, migrations et conflits au Sahel », ce rapport utilise un processus cartographique innovant pour identifier 19 « points chauds climatiques » où les changements climatiques ont été les plus sévères et qui justifient l'utilisation d'une planification ciblée de l'adaptation et d'autres activités de suivi.

Un grand nombre de ces points chauds sont situés dans la partie centrale du Sahel, au Niger, au Burkina Faso, dans le nord et sur la côte du Ghana, ainsi que dans le nord du Togo, au Bénin et au Nigeria.

 

Ces modifications des conditions ont affecté les moyens d'existences de millions de personnes dépendant des ressources naturelles. L'étude a découvert que les impacts sur la disponibilité des ressources naturelles de tels changements des conditions climatiques, combinés avec des facteurs tels que la croissance de la population et une gouvernance faible, ont mené à une compétition accrue pour s'approprier les ressources rares et à des modifications des couloirs de migrations dans la région.

 

Par exemple, les éleveurs de bétail sont principalement affectés par des modifications des précipitations qui ont lieu dans les régions arides et semi-arides du Sahel et qui influencent la disponibilité en arbustes, en herbe et en points d'eau pour leur bétail. Leurs couloirs de migrations traditionnels sont de plus en plus fréquemment remplacés par une relocalisation permanente dans le Sud.

 

De larges zones du Tchad, du Mali, de la Mauritanie et du Niger ont fait face à entre six et 10 saisons sèches entre 1982 et 2009, de plus petites régions étant sujettes à entre 11 et 15, certaines communautés nécessitant une aide d'urgence. Sur la même période, le Togo a connu entre une et deux sécheresses.

 

Associées à la modification de la pluviométrie, les sécheresses saisonnières ont déjà contribué à des modifications des moyens d'existence. On observe par exemple un glissement vers l'agropastoralisme (qui combine l'élevage avec des pratiques agricoles) qui est perçu comme une stratégie pour atténuer les incertitudes climatiques.

Les déplacements précoces des éleveurs vers le Sud et vers les côtes, suite aux changements des conditions climatiques, peuvent donner lieu à une compétition accrue pour les ressources et à la destruction de cultures dans les régions de destination, menant ainsi à des conflits avec les communautés agricoles. Un tel phénomène a par exemple eu lieu lors de la sécheresse et de l'invasion de criquets qui a affecté le Niger en 2005, qui a mené à un déficit de rendement des cultures de 4,6 millions de tonnes forçant les éleveurs à migrer vers les pâturages de saisons sèches Nigérian plus tôt que prévu, et a également entraîné une hausse des prix laissant les ménages plus pauvres incapables d'acheter des aliments.

 

Cette étude a été réalisée par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) en collaboration avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), l'Université des Nations Unies (UNU) et le Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), avec un soutien technique du centre de Géoinformatique (Z_GIS) de l'Université de Salzburg.

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