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• Les experts craignent le pire pour le futur si les pays développés ne diminuent pas leur activité industrielle responsable du réchauffement climatique


• En Tunisie, l'éventuelle hausse du niveau de la mer pourra générer le débordement de l'oued Medjerda, ce qui aura pour conséquence l'inondation de nombreuses superficies agricoles évaluées à plus de 4.000 hectares. Les zones côtières des îles Kerkennah et Djerba seront envahies par les eaux


Bien que leur émission de gaz à effet de serre soit classée parmi les plus faibles au monde, les pays arabes sont les plus exposés à l'impact des changements climatiques. La surpopulation à laquelle viennent s'ajouter l'urbanisation massive et la surexploitation des ressources naturelles, outre l'absence de technologies de pointe, ne font qu'accentuer cette vulnérabilité. Pourtant, aucune convention n'a été signée entre les pays arabes pour définir une stratégie de prévention visant à les protéger dans le futur. Le panel intergouvernemental sur le changement climatique (PICC), créé par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement, pour évaluer les conséquences des changements climatiques sur des secteurs stratégiques comme l'agriculture ou le tourisme dans les pays industrialisés et les pays en voie de développement a établi des scénarios plus ou moins alarmistes qui risqueraient de se produire si les pays émetteurs ne réduisaient par leur émission de gaz à effet de serre dans les cinquantaine prochaines années.


La commission nationale tunisienne pour l'éducation, la science et la culture et l'Institut islamique pour l'éducation, les sciences et la culture ont organisé, conjointement, un atelier de travail régional sur les études et les rapports portant sur l'évaluation de l'impact des changements climatiques sur les ressources hydriques. Expert et responsable auprès du ministère de l'Environnement, M. Mohamed Zmerli a fait le point, au cours de cet atelier, sur les conséquences du réchauffement du système climatique, induit par l'activité humaine et la croissance démographique et économique et qui s'est traduit par une hausse des températures de l'océan et de la surface de la terre. En Tunisie, les pertes s'élèvent chaque année à 228 millions de dinars, soit 0,63% du PIB.


Si l'activité humaine va se poursuivre de façon intensive au cours des soixante prochaines années, la température continuera à augmenter et observera une hausse variant entre 2 et 5 degrés en 2100. Selon le scénario établi, la température augmentera dans les pays arabes également. En Tunisie, les prévisions tablent sur une hausse qui variera entre 0,8 et 1,3 degré en 2020 et qui atteindra 2,7 degrés en 2050, notamment dans les régions arides du sud, note M. Zmerli.


Le réchauffement climatique a de nombreuses conséquences: dilatation thermique, fonte des glaciers et hausse du niveau de la mer. Un des scénarios les plus pessimistes établi par le PICC prévoit que ce niveau s'élève de 50 cm en 2100, ce qui risquera d'entraîner l'immersion des zones côtières basses ainsi que des îles. En Tunisie, l'impact sur l'agriculture et le tourisme risque d'être désastreux.


L'éventuelle hausse du niveau de la mer pourra, par ailleurs, générer le débordement du bassin versant de l'oued Medjerda, ce qui aura pour conséquence l'inondation de nombreuses superficies agricoles évaluées à plus de 4.000 hectares. Les zones côtières des îles Kerkennah et Djerba seront envahies par les eaux, entraînant indubitablement un déplacement de la population insulaire vers les régions du centre et du nord et, par conséquent, une hausse du flux migratoire. Les prévisions montrent que l'élévation du niveau de la mer aura également un impact négatif sur les ressources hydriques. En Tunisie, l'augmentation du niveau de la mer risque d'entraîner une contamination des nappes phréatiques du nord et du centre et, par conséquent, une perte considérable de ressources hydriques, s'élevant à 53% des réserves nationales. « 22 nappes phréatiques sont sensibles à la salinisation », a souligné, à ce propos, l'expert.


Il ne s'agit pas des seules conséquences du réchauffement climatique. Les études, qui ont été réalisées et à partir desquels les scénarios les plus pessimistes ont été dessinés, ont révélé que ces changements entraîneront dans le futur une avancée de la désertification et une forte baisse de la pluviométrie, ce qui pourra représenter une menace pour la sécurité alimentaire. «Selon les prévisions pour l'avenir, le phénomène de la désertification, qui ne cesse de s'accentuer, pourra être responsable en 2050 de la réduction de 20% de la production des céréales, 50% de la production d'huile d'olive et menacera 80% du cheptel en Tunisie», souligne M. Zmerli. Estimé actuellement à 450 m3 par habitant et par an, ce qui est déjà en deçà de la moyenne annuelle des pays développés, le volume des ressources en eau par habitant continuera à baisser en Tunisie et soulèvera un jour le problème de la gestion des réserves nationales en eau. «Il faut envisager plusieurs mesures, relève l'expert. Il s'agit déjà de gérer convenablement les réserves hydriques dont on dispose actuellement. Par ailleurs, il faut avoir recours aux technologies de pointe pour économiser l'eau et envisager des solutions comme le dessalement de l'eau de mer, le traitement et la réutilisation des eaux usées...».

 

Source: La Presse.tn

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